Le monde du bâtiment face à la transition énergétique

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Transition énergétique : une chance ou une tuile  ?

A l’approche de la Cop 21, tout le monde parle du problème du réchauffement climatique et de ce qui se présente comme sa possible solution, à savoir: la transition énergétique. Si nous souhaitons réduire nos émissions de gaz à effet de serre et préserver l’équilibre bioclimatique de la planète, il faudra bien, d’une manière ou d’une autre, limiter notre consommation globale d’énergie. C’est une évidence.

Il est presque inutile de dire que cette question regarde de près le monde du bâtiment. Mais si l’on regarde le problème par le petit bout de la lorgnette, il est à craindre que la transition énergétique soit davantage perçue comme une tuile que comme une chance inespérée, tant pour l’industrie du bâtiment que pour ceux qui veulent décemment se loger. Car, quoi qu’en pense certains, la transition énergétique ne se résume pas uniquement à l’émission de nouvelles normes et, qui plus est, à des normes trop exigeantes !

Des normes trop exigeantes ?

Suite aux engagements pris au Grenelle 2012, la loi impose aux constructeurs de se plier aux normes fixées par la réglementation thermique 2012 (RT 2012). Pour les bâtiments neufs, cette dernière limite à un maximum de 50 kWhEP/m²/an la consommation d’énergie primaire. Cette unité de mesure, le Kilowattheure d’énergie primaire par mètre carré et par an, ne nous est pas inconnu,  puisque c’est celui utilisé dans les DPE (Diagnostic de performance énergétique).
Il importe surtout d’éviter de le confondre avec le kilowattheure de nos compteurs électriques.

En l’espèce, le KWhEP prend aussi en considération l’énergie qui a été dépensée pour amener l’électricité jusqu’à nos compteurs ; il s’agit donc d’une mesure plus globale et plus précise. Ce point est fondamental, car il permet, à tout un chacun, de mieux cerner l’exigence de la norme thermique en vigueur depuis la RT 2012 : les 50 kWhEP de la loi équivalent, grosso modo, à 19 Kilowattheures de nos compteurs d’électricité !

Cette norme, qui définit la performance énergétique globale des bâtiments, connaît toutefois une exception en ce qui concerne les bâtiments de logement collectifs neufs, depuis un arrêté en date du 11 décembre 2014. Leur niveau de performance énergétique pourra demeurer à 57, 5 KWhEP/m2/an jusqu’au 31 décembre 2017.

Cette norme de performance énergétique n’est pas cantonnée au domaine de la construction. Elle concerne aussi celui de la rénovation, pour peu qu’on veuille bénéficier des avantages offerts par certains dispositifs de défiscalisation comme la loi Pinel. Pour être éligibles à ce type de dispositif, les biens immobiliers anciens, une fois rénovés, doivent obtenir soit le label HPE rénovation 2009, soit le label BBC rénovation 2009 ; ce qui présuppose qu’ils aient acquis, après travaux, des performances énergétiques comparables à celles d’un logement neuf !

Ce type d’exigence en termes de performance énergétique a évidemment un coût, tant pour les constructeurs que pour leurs clients. Et on pourrait craindre que ce surcoût, évalué entre 5 à 15 %, ait eu un impact négatif sur le marché de la construction. Si la chose se vérifie, effectivement, à court terme, pour les premiers mois de l’année 2015, c’est déjà moins vrai à moyen terme (En effet, le nombre de mise en chantier, entre juin et août, après de nombreux mois de morosité, a enfin légèrement augmenté de 0, 7 %).

Du reste, il est loisible de penser qu’à long terme la transition énergétique boostera au contraire fortement le monde du bâtiment. C’est sans doute le raisonnement implicite de nos gouvernants, puisque la RT 2015 est plus exigeante encore : le seuil à ne pas dépasser est fixé maintenant à 30 KWhEP/m2/an !

L’effet boosteur de la transition énergétique

Pourquoi la transition énergétique a-t-elle un effet dopant sur le secteur du bâtiment ?

En amont, la raison est simple : la RT 2012, parce qu’elle est exigeante, stimule le secteur de la recherche et de l’innovation ; elle oblige les constructeurs a inventé de nouveaux matériaux, énergétiquement plus performants (comme par exemple le Siporex, les Eco briques, etc…), ou à se tourner, à nouveau, vers des matériaux plus traditionnels et plus sains comme le bois, la pierre, etc., redevenus, de facto, plus compétitifs.

En aval, le marché se trouve aussi stimulé, dans la mesure où le coût des énergies primaires traditionnelles tend a augmenté régulièrement. De sorte que les gens sont de plus en plus portés à investir soit dans des bâtiments qui respectent un haut niveau de performance énergétique, soit dans des travaux de rénovation énergétique. Signalons, à ce propos, que l’Etat français les y encourage, puisqu’il a mis en place un crédit d’impôt qui permet de défiscaliser jusqu’à 30 % de l’investissement consenti pour ce type de travaux, le CITE.

 

About the Author

Michel Bonnel
Michel Bonnel est journaliste indépendant pour Planète Bat chargé des Interviews et rencontres d'architectes, d'artisans et de maitres d'ouvrage. Ces thèmes de prédilection sont le Bâtiment, l'immobilier mais également le home staging, la décoration et l'art de vivre.

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